Lundi 9 juillet 2007
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10:34
Lorsque je quittais mes parents et ma soeur sur les quais parisiens, dans la fraicheur d'un matin de septembre, en leur faisant un signe de la main, je ressentais une douce tristesse et je realisais qu'a partir de cet instant les choses allaient changer, je ne serais plus celle que j'etais autrefois. Un an me semblait assez long pour parcourir le monde, les quarantes heures de bus deja me paraissaient interminables !
Avant mon retour de decembre, je me suis prise la claque des premieres decouvertes et des vraies reflexions. Je me sentais petite, si petite, et je voulais tout voir, tout comprendre, tout explorer. J'apprenais a connaitre le pays qui m'accueillais tandis que je me perdais en moi-meme, entre le coeur et le desir, entre le qui, le quoi, le pourquoi du comment et la tete a l'envers. Et je ne comprenais rien, sans le savoir, je flottais dans ce tout nebuleux et j'aimais ca. Puis je suis rentree chez moi.
A partir de janvier, la roue a tourne et tout a reellement commence. Je realisais au fur et a mesure que peu de choses nous separaient les uns des autres, et je prenais de plus en plus gout aux nouvelles rencontres et aux nouveaux echanges. Ma vie ici se construisait, ma vie a moi d'enfant pourrie-gatee, bourgeoise occidentale, consciente de ma condition de privilegiee.
Et je me suis sentie grandir. Comme ces mots me paraissent stupides et je devine votre sourire mais c'est ainsi que j'ai vecu les choses. Certains meme me diront que j'etais deja assez grande comme ca avant... et j'entends d'ici mes parents murmurer, apres un leger soupir de soulagement : "il etait temps !". J'ai decouvert la vie. "Mais comment va-t-elle nous revenir ?". Comment dire : pas si differente dans la forme, profondement changee dans le fond. Il me reste quand meme mon humour a deux balles, mes cheveux colores que je laisse pousser, mon rire sonnant toujours un peu plus fort que la moyenne, mon 1,80m qui n'a pas derange grand monde cette annee (demandez a Cipi), mes reflexions stupides sur la vie qui passe et le temps qui s'ecoule, et le desir d'avancer encore et encore.
C'est mon dernier jour sur Sibiu. J'ai la chance d'y laisser des gens qui m'aiment, j'aurais pu partir sans que personne ne le remarque. J'ai le malheur d'y laisser des gens que j'aime. Je reviendrai. Et ce qui me touche profondement c'est qu'a mon retour, du monde sera la. Tout ceux qui ont ete presents tout au long de l'annee. Merci !
Excusez-moi d'avance de laisser un peu de moi ici ! Je n'y peux pas grand chose et c'est sans doute cela qui rend les choses si belles !
Eva